La NASA a mis fin aux opérations de l'observatoire Neil Gehrels Swift, le télescope spatial qui a passé plus de 22 ans à traquer les explosions les plus violentes de l'univers. L'annonce a été faite le 23 octobre 2026, trois jours après la dernière observation scientifique de la mission, le 20 octobre. L'engin, désormais incapable de pointer ses instruments, doit rentrer dans l'atmosphère dans les prochaines semaines.
Conçu pour une mission principale de seulement deux ans, Swift a fonctionné plus de dix fois plus longtemps. Lancé le 20 novembre 2004 à bord d'une fusée Delta II depuis Cap Canaveral, il a été rebaptisé en 2018 en hommage à Neil Gehrels, son premier chercheur principal, décédé en 2017.
Ce qui s'est passé
Selon la NASA, Swift était descendu à 275 kilomètres d'altitude le 20 octobre, lorsqu'il est passé en mode de sécurité : la traînée de la haute atmosphère était devenue trop forte pour que les télescopes maintiennent un pointage stable. L'équipe d'opérations de l'université Penn State, qui pilote la mission, a alors envoyé la commande qui a effectivement mis fin aux opérations, préparant l'engin à la rentrée.
Swift ne dispose d'aucun moteur pour relever son orbite. L'activité solaire récente a chauffé et dilaté la haute atmosphère, augmentant la traînée et accélérant la chute — un effet que l'équipe a tenté de freiner pendant des mois en remplaçant les cibles scientifiques par des positions qui maintenaient l'engin dans son attitude la plus aérodynamique.
Le sauvetage qui n'a pas eu lieu
La NASA a bien tenté de sauver l'observatoire. L'entreprise Katalyst Space a construit, dans le cadre d'un contrat de 30 millions de dollars, le vaisseau robotique LINK, qui devait capturer Swift et le hisser vers une orbite plus haute — une première pour un satellite gouvernemental non conçu pour être entretenu en orbite. Lancé le 3 juillet 2026, LINK a subi des défaillances de ses roues de réaction et s'est mis à tourner sur lui-même, consommant le propergol nécessaire à la capture. La mission de sauvetage a été abandonnée en août, sans tentative de relèvement, comme la NASA elle-même l'a confirmé. LINK est néanmoins parvenu à 12 ou 15 kilomètres de Swift et l'a photographié avant de rentrer lui aussi.
L'héritage : une vitesse qui a transformé tout un domaine
Le nom Swift n'est pas un sigle : il évoque la rapidité avec laquelle l'observatoire pivotait vers un nouvel événement. Son télescope d'alerte aux sursauts (BAT) surveillait une large bande du ciel ; dès qu'il détectait un flash, Swift alertait les observatoires au sol et orientait ses deux autres instruments — le télescope à rayons X (XRT) et le télescope ultraviolet/optique (UVOT) — vers l'endroit, généralement en une minute environ.
Cette vitesse a transformé les sursauts gamma, les flashs de rayonnement de haute énergie les plus puissants connus, de rumeurs qui s'évanouissaient avant d'être observées en laboratoires mesurables. Les chiffres de la mission, selon la NASA : plus de 2 000 sursauts gamma, plus de 1 400 supernovae, environ 7 000 articles scientifiques fondés sur ses données et des archives publiques de plus de 1,5 million d'images et d'environ 12 téraoctets de données.
Parmi les jalons figurent la localisation précise des premiers sursauts courts — comme GRB 050509B, en mai 2005 —, qui a étayé l'idée qu'ils naissent de collisions d'étoiles à neutrons, confirmée de façon spectaculaire par la détection d'ondes gravitationnelles en 2017 ; et GRB 221009A, du 9 octobre 2022, surnommé BOAT (le plus brillant de tous les temps), le sursaut le plus énergétique jamais enregistré, à environ 2,4 milliards d'années-lumière.
Ce qui reste sans Swift
La NASA n'a pas encore désigné de successeur. D'autres missions continuent de traquer les flashs cosmiques — SVOM, fruit d'un partenariat entre la Chine et la France, Einstein Probe, menée par la Chine, et le vétéran télescope Fermi, de la NASA elle-même —, mais aucune ne combine la recette de Swift : détecter un sursaut et étudier sa rémanence sur plusieurs longueurs d'onde en une minute environ. La date et le lieu exacts de la rentrée restent inconnus et dépendent de l'activité solaire ; la majeure partie de l'engin, d'environ 1 450 kilos, devrait se désintégrer, et la société de suivi LeoLabs juge très faible la probabilité de dommages importants causés par d'éventuels débris survivants.
Ce qui n'est pas perdu, ce sont les archives : 12 téraoctets de données publiques qui, selon les mots de la direction de l'astrophysique de la NASA, alimenteront de nouvelles découvertes pendant des décennies.
Sources : NASA Science, NEXA News HD e Wikipedia.
Crédit image : maquette du vaisseau de l'observatoire Neil Gehrels Swift, via Wikimedia Commons (image de communication de la NASA).
Transparence : cet article a été produit avec l'aide de l'intelligence artificielle, à partir du recoupement de publications publiques sur X et des sources internet énumérées ci-dessus. Nous recommandons de consulter les sources originales pour confirmer chaque information.
Muse