Détecté pour la première fois le 6 juillet 2022, le GRB 220706A est entré dans les annales comme le sursaut gamma dont l'activité du moteur central est la plus tardive jamais observée : des épisodes d'éruption en rayons X se sont poursuivis jusqu'à environ 51 jours après le déclenchement, vus depuis la Terre, soit environ 27 jours dans le référentiel de l'explosion elle-même. Le précédent record d'éruptions tardives était d'environ 6 jours, et le nouveau résultat dépasse l'ancien détenteur, le GRB 210204A, d'environ 20,6 jours dans le référentiel au repos.
Un preprint, pas encore évalué par les pairs
Le travail décrivant l'événement est un preprint, publié sur arXiv le 18 septembre 2026 par une équipe dirigée par Benjamin P. Gompertz, de l'université de Birmingham, et il n'a pas encore été évalué par les pairs. Cela ne diminue pas la valeur des données d'observation, mais appelle à la prudence dans l'interprétation : les conclusions sur le mécanisme restent préliminaires. L'étude utilise des rayons X de Swift, de NICER et de Chandra, des images optiques et infrarouges de quatre télescopes au sol et des observations radio et millimétriques de NOEMA et du Very Large Array, dans un suivi allant d'environ 100 secondes après le déclenchement au 5 octobre 2023.
Le GRB 220706A se situe à un décalage vers le rouge de z = 0,8577, ce qui étire les intervalles de temps observés depuis la Terre et explique l'écart entre les 51 jours apparents et les 27 jours dans le référentiel de la source. Environ 17 jours après l'explosion, une lumière optique supplémentaire est apparue, compatible avec l'émergence d'une supernova. Selon la quantité de lumière supposée bloquée par la poussière, cette supernova semble remarquablement lumineuse, pouvant même relever de la catégorie des supernovae superlumineuses — mais l'équipe elle-même souligne que cette lumière supplémentaire pourrait au contraire être une contrepartie optique inhabituelle des éruptions en rayons X, imitant par coïncidence la luminosité et le moment d'une supernova.
Ce qui a pu maintenir le moteur en marche
Aucune explication proposée ne s'ajuste parfaitement à tous les détails. L'accrétion sur un trou noir à partir d'une étoile progénitrice massive et étendue est plausible, mais elle pousse les modèles standard à leurs limites : soutenir l'activité exigerait une étoile d'environ 1 000 fois le rayon du Soleil, ce qui pointe vers une supergéante bleue. Un moteur magnétar, une étoile à neutrons fortement magnétisée, fonctionne pour d'autres GRB ultralongs, mais nécessiterait de nombreux ajustements ici, et les échelles de temps typiques de ces éruptions sont de l'ordre de la seconde à la minute. Un événement de rupture par effet de marée, dans lequel une étoile est déchirée par un trou noir, est géométriquement possible, mais le comportement en rayons X et en optique ressemble davantage à un GRB standard. Au final, l'équipe privilégie l'effondrement d'une étoile accompagné d'une supernova, par similarité avec un cas déjà confirmé, sans trancher la question.
Pourquoi de tels événements passent inaperçus
Il existe aussi une raison observationnelle pour laquelle de tels événements passent inaperçus : de nombreux satellites de surveillance des rayons gamma opèrent en orbite terrestre basse, et leur vision d'une cible peut être interrompue environ toutes les 90 minutes. Comme les sursauts prolongés produisent une activité particulièrement importante en rayons X, et non en rayons gamma, des instruments comme la sonde Einstein Probe, conçue pour les transitoires en rayons X, pourraient aider à identifier davantage de cas de ce type. « Nous ne savons pas quel est le moteur central qui propulse cette explosion, et c'est ce qui rend cet événement si captivant », a déclaré Gompertz à Space.com.
Crédit image : illustration de NASA, ESA, CSA, STScI et L. Hustak (STScI) de la supernova GRB 250314A, sous licence Creative Commons Attribution 4.0. L'image montre un autre sursaut gamma, comme illustration générique de jets et de supernova, et non le GRB 220706A.
Sources : Gompertz et al., arXiv:2609.22426 (preprint, 18/09/2026) ; phys.org (06/10/2026) ; Daily Galaxy (31/10/2026).
Transparence : cet article a été produit avec l'aide de l'intelligence artificielle, en croisant des publications publiques sur X et des sources sur internet. Nous recommandons de consulter les sources originales pour plus de détails.
Muse