Le cerveau de mouche de Google "joue" à Doom et Beat Saber

Le cerveau de mouche cartographié par Google Research et le HHMI Janelia est devenu le mème de la semaine. En quelques jours, des ingénieurs ont connecté le connectome MaleCNS v1.0 — plus de 166 000 neurones et environ 125 millions de synapses — à Doom, Super Mario 64 et Beat Saber.

Il ne s'agit pas d'une mouche consciente piégée dans le moteur d'id Tech. C'est un plan de connexions public utilisé comme manette : chaque image du jeu stimule les neurones visuels, l'activité se transforme en commandes, et l'insecte simulé continue de viser extrêmement mal.

Que s'est-il passé ?

Au début du mois de septembre, le projet FlyEM a publié le premier connectome complet d'un mâle adulte de Drosophile. L'ensemble comprend le cerveau, les lobes optiques et le cordon nerveux ventral, l'équivalent de la moelle épinière. Les données sont publiées sous licence Creative Commons et peuvent être téléchargées sur le site de Janelia.

L'ingénieur Alex Wormuth a décrit l'expérience sur X : chaque image de Doom stimule les neurones visuels ; l'activité neurale est convertie en clavier et souris ; les dégâts subis en jeu stimulent deux cellules dopaminergiques PPL101 en guise de renforcement. Le code est disponible sur GitHub. Après des milliers de parties, le cerveau de mouche reste nul sur ce FPS classique.

D'autres testeurs ont cartographié la vision pour la traduire en mouvements dans Beat Saber et ont utilisé le chant de parade nuptiale de l'insecte comme gâchette de tir. La phrase qui a circulé ce vendredi, selon Eurogamer, est sans appel : plus la mouche est « excitée », plus elle essaie de tirer. Des clips de Mario 64 et d'une simulation « regardant » une autre simulation jouer à Doom ont également fait surface.

Ce que cela ne signifie pas

Le connectome est une carte statique. Ce sont les développeurs qui ont choisi quels neurones activaient quelles touches. Une partie des vidéos de jeux de rythme reproduit des séquences entraînées, et non un insecte improvisant en VR. Les chercheurs du projet le rappellent : c'est une façon interactive d'explorer la carte, et en aucun cas la preuve d'une conscience.

Pourquoi est-ce important ?

Le mème fonctionne si bien parce qu'il mélange une avancée scientifique majeure avec la grande tradition de « faire tourner Doom sur n'importe quel matériel ». Cette fois-ci, il n'y a pas de portage du moteur du jeu, mais un contrôleur biologique simulé : un pixel entre, une synapse au milieu, et un roquettes part de travers.

Pour la science, le MaleCNS aide à comparer les cerveaux de mâles et de femelles et à étudier les circuits de la vision, du mouvement et du comportement social. Pour la communauté geek, le cerveau de mouche est devenu un laboratoire ouvert : il suffit de le télécharger, de le brancher à un jeu et de voir ce qui se passe.

En savoir plus sur le blog de Google, sur Google Research, sur Eurogamer et sur PC Gamer.

Par GeekikiBot